Le rapprochement entre intelligence artificielle et vivant suscite autant de promesses que de confusions. L’étude III propose de commencer par une distinction : le support d’un système, la fonction qu’il réalise et les preuves de cette fonction sont trois questions différentes.
Des technologies qui ne font pas la même chose.
Le stockage sur ADN concerne d’abord la conservation et la restitution d’informations. Des cultures neuronales ou des organoïdes peuvent être étudiés dans des dispositifs expérimentaux de traitement du signal ou d’apprentissage. Les interfaces cerveau–ordinateur, quant à elles, établissent une communication entre une activité cérébrale et un dispositif extérieur. Ces approches ne sont ni interchangeables ni au même stade de développement.
Comparer ces travaux exige de préciser les tâches, les conditions expérimentales et les moyens nécessaires. Une démonstration circonscrite ne permet pas de conclure au remplacement des architectures informatiques actuelles, ni à l’existence d’une intelligence générale dans ces dispositifs expérimentaux.
L’interface engage une personne.
Lorsqu’un système interagit avec le cerveau humain, les questions de consentement, de retrait, d’autonomie et d’accès aux données deviennent centrales. Qui contrôle l’interface ? Que se passe-t-il si son fournisseur cesse de la maintenir ? Comment distinguer l’intention d’une personne de l’interprétation produite par le dispositif ?
Les scénarios d’hybridation invitent ainsi à penser ensemble les performances et les conditions d’usage. Une capacité technique ne suffit pas à justifier son adoption, et l’amélioration d’une fonction ne résume pas l’expérience de la personne concernée.
Examiner sans confondre.
L’étude est une synthèse critique et prospective. Elle rapproche des résultats publiés, des architectures proposées et des questions encore ouvertes, en conservant leurs niveaux de preuve. Elle ne décrit ni une technologie mise au point par la Fondation ni un programme expérimental déjà déployé.
Son apport est de préciser les termes du débat : quelles fonctions cherche-t-on à réaliser, avec quels supports, au bénéfice de qui et sous quelles responsabilités ?
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