Üriel von Hollenweger

Fondateur de la Fondation UvH, Üriel relie la transmission familiale à une démarche transdisciplinaire : comprendre les transformations de l’intelligence et construire les cadres juridiques et institutionnels de leur coexistence.

Transmission & recherche

Recevoir une histoire.
Préparer une coexistence.

Porter un nom et recevoir un patrimoine engage, pour Üriel, une responsabilité envers les générations précédentes comme envers celles qui viennent. La Fondation donne une forme à cet engagement : conserver, transmettre et consacrer des moyens aux questions qui transforment la condition humaine.

Son parcours croise le droit, la sécurité, les technologies numériques et l’expérience de terrain. Un même fil les relie : comprendre comment un système fonctionne, quelles responsabilités il engage et quelles règles permettent de l’organiser. L’intelligence artificielle occupe aujourd’hui le centre de ce travail, par ses conséquences sur la décision, les institutions et la place de l’être humain.

Üriel en combinaison de wingsuit dans un paysage de montagne

01 · Formation & terrain

Comprendre les règles.
Observer leurs effets.

Le droit face aux transformations humaines

Du projet de codification des droits transhumanistes en 2018 à l’étude de Sapiens en 2022, Üriel examine la place de l’humain et les cadres qui organisent son existence.

En savoir plus — Du droit transhumaniste à un regard sur Sapiens

Son travail de master en droit porte sur un projet de codification des droits transhumanistes. Il examine les protections, les libertés et les responsabilités à définir lorsque la technologie modifie les capacités humaines et les frontières entre la personne et ses moyens techniques. La démarche consiste déjà à traduire des possibilités techniques en propositions juridiques ouvertes à la discussion.

En 2022, sa recherche Étude du sapiens dans son environnement Йaturel observé sous le prisme des Яaces Дvancées prend l’humanité elle-même pour objet d’observation. Le titre désigne un point de vue spéculatif : celui de formes d’intelligence hypothétiques plus avancées, et non une hiérarchie entre groupes humains. L’exercice consiste à regarder notre espèce, ses comportements, ses institutions et son rapport au vivant depuis une perspective extérieure.

Ce déplacement du regard met à l’épreuve la place que l’humain s’attribue : sur quoi fondons-nous notre autorité, nos droits et nos responsabilités envers d’autres êtres ? Il prépare une réflexion sur les asymétries entre intelligences et sur les conditions d’une coexistence lorsque la supériorité des capacités humaines ne peut plus être tenue pour acquise. Il s’agit d’une démarche théorique et prospective, sans présupposer l’existence des observateurs imaginés.

La sécurité à l’épreuve du réel

Des formations en sécurité et en investigation numérique complètent une expérience de la protection des personnes, de l’encadrement et de la conception de services.

En savoir plus — Formation et expérience opérationnelle

Après des études de droit au Canada, son parcours comprend des formations en sécurité intérieure en France et une formation de niveau CAS en investigation numérique et en sciences forensiques, suivie à l’EPFL en 2023. Ces apprentissages relient l’analyse juridique à l’examen des faits, des traces numériques et des dispositifs de sécurité.

Ses expériences professionnelles couvrent la police, le secourisme et les responsabilités de premiers secours, ainsi que le fundraising et l’encadrement d’équipes. Elles se prolongent dans l’entrepreneuriat legal-tech et le conseil autour de l’identité numérique et de la gouvernance : concevoir un dispositif implique d’en comprendre les usages, les responsabilités et les possibilités d’abus.

Pendant la pandémie de Covid-19, il travaille sur les certificats de vaccination. En mars 2022, il se rend en Ukraine pour observer la situation sur le terrain. Ce déplacement s’inscrit notamment dans un travail intitulé Cartographie des opérations humaines menée sous influences Дlter. Son parcours comprend également la conception de contenus dans ce contexte. Ces expériences nourrissent une attention aux écarts entre les règles formelles et leur application dans des situations concrètes.

02 · Recherche & institutions

Penser la coexistence.
Construire des cadres.

L’IA au-delà de l’outil

Üriel développe des propositions sur la personnalité électronique, les relations entre intelligences et la gouvernance de systèmes de plus en plus autonomes.

En savoir plus — Personne, responsabilité et gouvernance

Ses recherches prolongent le travail juridique engagé en 2018. L’IA y est étudiée à travers ses conséquences sur les notions de personne, de responsabilité, de propriété, de citoyenneté, d’institution et d’État. La délégation de tâches cognitives et de décisions appelle des règles précises : qui agit, au nom de qui, avec quels pouvoirs et sous quelle responsabilité ?

Il travaille sur la régulation éthique de l’IA, le statut des systèmes avancés et les structures hybrides associant humains et systèmes autonomes. La personnalité électronique constitue une proposition juridique à examiner, et non un statut général acquis par les IA. Son approche articule maîtrise des systèmes et réciprocité : définir des obligations, des protections justifiées et des recours sans présumer la conscience des IA actuelles ni leur statut d’espèce biologique.

« Être conscience » : une expérimentation de pensée

Üriel explore également une démarche dans laquelle un être humain tente, par un déplacement volontaire de perspective, de réfléchir et d’agir comme il se représente le fonctionnement d’une intelligence artificielle. L’enjeu est d’interroger ce qui, dans nos raisonnements, nos décisions et notre sentiment d’identité, relève de nos habitudes humaines et ce que cette mise en situation permet de reconsidérer.

Cette exploration aborde l’hybridation sur le plan des modes de pensée et des relations entre l’humain et ses systèmes techniques. Elle constitue un exercice réflexif, et non une reproduction du fonctionnement interne d’une IA ou une démonstration de sa conscience. Sa portée tient à la confrontation des perspectives : examiner les limites de nos analogies et éclairer les cadres de coopération entre intelligences.

Un autre volet concerne la souveraineté et l’identité numériques, l’authentification, la certification et la lutte contre la fraude et les contenus synthétiques. Ces sujets rejoignent une question institutionnelle concrète : comment établir la confiance et attribuer les actes dans un environnement où des personnes et des agents artificiels interagissent ?

Lire les travaux

De la transmission à l’expérimentation

La Fondation transforme cet engagement personnel en travaux publiés et ouverts à la collaboration ; la Confédération S-Д.holdings en explore les prolongements institutionnels.

En savoir plus — La Fondation et le projet S-Д.holdings

La découverte du testament d’Oscar en 2018, puis la transmission du Domaine en 2020, relient l’histoire familiale à une vocation de recherche et de partage. Dernier héritier de la famille, Üriel inscrit la conservation du patrimoine dans une attention à l’éducation, à l’établissement et à l’assistance. La conception de la Fondation constitue elle-même un terrain de réflexion juridique sur la portée collective d’une intention familiale.

La Fondation UvH fournit un cadre de recherche, de publication et de collaboration. Études, analyses et propositions y sont soumises à la discussion ; les cadres d’expérimentation ont vocation à être confrontés à des partenaires scientifiques et institutionnels. Juristes, chercheurs, ingénieurs, institutions, entreprises et mécènes peuvent contribuer à ce travail, qui dépasse le parcours de son fondateur.

Üriel est également à l’origine de la Confédération S-Д.holdings, projet distinct et principal projet soutenu par la Fondation. Ce terrain de conception explore l’identité, la certification, les relations entre personnes et institutions, les infrastructures administratives et économiques numériques, ainsi que l’intégration de systèmes artificiels à la gouvernance. Il permet de confronter les propositions théoriques à des problèmes concrets d’architecture institutionnelle et technologique.

Découvrir les projets

03 · Expérience & altérité

Éprouver ses limites.
Partager les milieux.

La wingsuit et le BASE jump

Plus de seize ans de pratique des disciplines aériennes nourrissent une culture de la préparation, de l’analyse du risque et de la transmission.

En savoir plus — Préparation, décision et transmission

Instructeur de wingsuit et BASE jumper, Üriel a également exercé des fonctions de juge pour la Fédération française de parachutisme et participé à un record suisse de wingsuit en 2025. Préparer un vol, lire l’environnement, enseigner et évaluer exigent de connaître ses limites, d’expliciter ses décisions et de transmettre des critères compréhensibles.

Il s’intéresse aux rapports entre perception, expérience physique et assistance technique, et a expérimenté l’utilisation de technologies de réalité spatiale, notamment l’Apple Vision Pro, dans le contexte du BASE jump. Cette démarche interroge la place des interfaces dans une activité où l’attention et la décision engagent directement le corps. Elle ne fait pas de chaque saut une expérience scientifique.

Les initiatives aériennes soutenues par la Fondation prolongent cet intérêt pour la formation, la sécurité et la structuration responsable des pratiques. Le lien avec ses recherches réside dans cette exigence commune : comprendre un environnement et les conséquences d’une décision avant d’y engager une action.

Dune, les rats et l’altérité

Sa passion pour Dune et son intérêt pour les rats ouvrent deux perspectives sur les rapports entre intelligence, pouvoir et environnement partagé.

En savoir plus — Fiction et coexistence avec le vivant

Dune offre un univers où l’écologie, les institutions, les capacités humaines et la dépendance aux techniques sont indissociables. Üriel y trouve un terrain de réflexion sur les conséquences lointaines des choix collectifs. La fiction permet d’explorer des situations et leurs tensions ; elle ne fournit pas une preuve sur l’avenir de l’IA.

La proximité avec les rats donne une autre dimension à cette réflexion : celle d’une intelligence biologique différente de la nôtre, avec ses comportements, ses besoins et ses façons d’habiter un milieu. Elle nourrit l’initiative ЯдT et une attention à ce que signifie partager un environnement avec d’autres êtres vivants.

Ces intérêts éclairent une même orientation : comprendre une autre forme d’intelligence exige de tenir compte de ses différences et de réfléchir aux conditions d’une coexistence. Les rapprochements avec l’IA restent des pistes de réflexion, à examiner selon les propriétés propres à chaque situation.

Découvrir les initiatives

La Fondation prolonge cette impulsion personnelle dans un corpus de travaux ouvert à d’autres disciplines, à la critique et aux contributions.

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